Coupe du monde et racisme anti-français en Belgique

Le racisme anti-français en Belgique est un concept qui pourrait faire hurler de rire des individus qui savent ce que signifie réellement le terme racisme. Pourtant chaque jour, ce mot est galvaudé. Certain(e)s pensent qu’on peut tout mélanger tout comparer. Alors laissez-moi vous expliquer pourquoi cette notion est une construction erronée.

 

Pas de racisme sans discrimination

Tout d’abord le racisme. Un Français blanc ne peut pas être victime de racisme et ce certainement ni en Belgique, ni en France. Le racisme désigne une idéologie qui aboutit à des discriminations réelles pour les personnes qui en sont les victimes. Les Français en Belgique sont peut-être l’objet de certains préjugés mais d’aucune discrimination. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils travaillent et reçoivent la plupart du temps des salaires plus élevés que les salaires belges. Sans parler de tous les Français qui s’établissent en Belgique pour échapper à l’impôt sur la fortune dans leur pays et du fait que de très nombreux français sont propriétaires ou louent des appartements confortables voire même luxueux. Qu’ils se baladent tous avec leurs enfants au bois de la Cambre le dimanche après-midi, s’ils ne sont pas à la piscine au cinéma ou à un spectacle avec leurs enfants. Vraiment, même en forçant un peu, je ne vois pas de quelles discriminations ils pourraient se plaindre.

 

La victoire de l’équipe de France cette année, c’est aussi la victoire de tous les Afro-descendants à travers le monde

Ensuite, s’il est vrai que cette année lors de la Coupe du Monde en Russie, et particulièrement lors de la demi-finale France/Belgique les Belges ont eut un sursaut de « chauvinisme », mot qui fut créé et inventé pour désigner la mentalité du peuple français, ce n’était qu’une réaction à toutes les années de brimades et de condescendance subies de la part de leurs voisins français. Rien de grave, c’est même tout à fait normal. Action/Réaction. C’est tout. Et dire que si les Belges avaient gagné, ils auraient eux aussi pris la grosse tête, c’est mesquin et tellement éloigné de leur mentalité que je ne sais pas s’il faut en rire ou pleurer.

De toute façon pour moi, la victoire de l’équipe de France cette année, c’est aussi la victoire de tous les Afro-descendants à travers le monde. A ce titre, on ne devrait pas se chamailler entre Noir(e)s belges ou français. Nous savons pertinemment que les équipes nationales de football de ces deux pays ne sont pas le fruit d’une quelconque diversité mais bien de leurs colonialismes.

Vous les Blancs nous traitez comme des citoyens de seconde zone la plupart du temps, certes, mais de temps en temps on vous démontre qu’on est une force. Vous parvenez même à oser parler de diversité culturelle sans vous interroger de l’absence criante de celle-ci ailleurs que dans le sport. Même en musique, vous êtes parvenus à vous approprier le rap, le hip hop et le rock and roll.

De grâce, cessez de débiter des inepties aussi énormes que racisme anti-français en Belgique ! Les Français sont une des plus grandes puissances coloniales au monde et ils bénéficient encore d’avantages liés à ce prétendu « passé » colonial : le traité Françafrique, tous les objets pillés qui se trouvent dans des musées ethnographiques en France, les territoires dits d’Outre-Mer ou encore la présence de l’Armée française en Afrique de l’Ouest n’en sont que quelques nombreux exemples.

On le sait, vous êtes programmé pour ne pas voir les privilèges qui sont les vôtres. Alors, on vous le demande poliment : regardez-vous dans le miroir et cessez de pleurnicher.

Publié par Wetsi

Née à Bruxelles fin des années 1970 de parents congolais. J'obtiens un Master en Histoire de l'art africain classique et contemporain à l'université libre de Bruxelles en 2007, après des candidatures en droit et une première expérience professionnelle. J'ai ensuite travaillé en galerie d'art spécialisée dans les artistes de la diaspora africaine et la Harlem Renaissance à New York. Entrepreneuse culturelle depuis mon retour en Belgique en 2009, j'effectue des recherches sur les stratégies de résistance à déployer pour décoloniser la société et monte des projets qui correspondent aux valeurs de justice sociale et environnementale.